Confusion sur la déduction des intérêts
Le 25 mai dernier, je m'insurgeais contre l'annonce d'Eric Woerth qui enterrait en grande partie la promesse faite pendant la campagne de déduction des intérêts de l'emprunt ayant permis l'acquisition de la résidence principale.
Hier soir, Nicolas Sarkozy a rectifié le tir : tous les emprunteurs seront bien concernés que l'acquisition du bien ait eu lieu avant ou après le 6 mais 2007. Cependant, les intérêts pris en compte seront ceux ayant courus à compter du vote de la loi, c'est-à-dire sans doute à compter du 1er aout ou du 1er septembre.
Pour le reste, on ignore tout !
Y aura-t-il un plafonnement de la mesure ? (probablement)
S'agira-t-il d'un crédit d'impôt ou d'une déduction ? (on ne sait plus puisque Monsieur Woerth a été désavoué).
En résumé, il faudra suivre de très près les débats parlementaires de cet été pour connaître le détail de la mesure.
Que faut-il retenir de cet épisode de cafouillage gouvernemental ?
Il est étonnant car on connaît pourtant tous l'habilité politique de Nicolas Sarkozy. Cela me fait donc douter de la véractié de ce cafouillage.
N'avez vous pas remarqué que depuis une quinzaine de jours les ministres annoncent quotidiennement des mesures dont certaines sont réputées impopulaires ? Etrange en pleine période de campgane législative...
Ne s'agit-il pas plutôt de ballons d'essai envoyés par les ministres soldats et commandés directement par Sarkozy en espérant que ça passe dans l'opinion ?
Si tel est le cas, c'est très intelligent.
Si ça passe dans l'euphorie de l'état de grâce, comme par exemple les franchises pour l'assurance maladie, c'est tout bénéfice pour le gouvernement.
Si ça passe pas, comme sur les intérêts, Nicolas Sarkozy peut désavouer ses ministres avant le vote des 10 et 17 juin prochains : ainsi le raz de marré UMP annoncé n'en est pas perturbé.
Ma théorie expliquerait pourquoi Sarkozy a attendu 7 jours avant de désavouer Eric Woerth, ministre des comptes, sur la question de la déduction des intérêts.
Durant ces 7 jours en effet, l'opinion a très mal réagi sur la remise en cause de cette promesse : l'opposition venait d'ailleurs de commencer une campagne sur le thème "Sarkozy ne tient pas ses promesses".