Sarkozy ne parle pas des impôts dans son discours de victoire

Publié le par LP

Il n'y a donc pas eu de surprise ce soir. Conformément à ce qu'annonçaient tous les sondages depuis le mois de janvier, Nicolas Sarkozy devient le sixième président de ce que l'on nomme la Vième République après de Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand, et Chirac.

Nicolas Sarkozy est probablement le premier président de droite que cette Vième République ait véritablement connu, en tout cas le seul qui a osé s'affirmer comme tel. Faut-il en conclure que les élections se gagnent désormais en France à droite et non plus au centre ? C'est en tout cas le pari gagné de Nicolas Sarkozy

Cela ne l'empêchera sans doute pas - et c'est là un premier paradoxe - de faire une ouverture au centre voire à gauche. D'ailleurs, je lance un premier pari : je vois bien Claude Allègre ministre d'un gouvernement dont François Fillon serait Premier Ministre.

Un président de droite, cela signifie que des mesures marquées très à droites devraient être prises très vite notamment en matière fiscale comme la quasi-suppression des droits de succession et le plafonnement des impôts direct à 50 % des revenus, etc. Mais de tout cela il ne fut pas (encore) question ce soir dans le discours de victoire de Nicolas Sarkozy tenu salle Gaveau. Ce discours fut assez long, on a entendu beaucoup de "mes chers compatriotes" mais jamais de "mes chers contribuables". Car Nicolas Sarkozy a parlé ce soir beaucoup des valeurs mais assez peu des mesures techniques, donc pas de fiscalité. L'heure était aux grands discours rassembleurs de celui qui se veut "le président de tous les Français".

Gageons que cela ne va pas durer et que la question des impôts sera au coeur de la future campagne législative bien plus encore que pour la campagne présidentielle. En effet, deux éléments devraient mettre les questions fiscales au coeur de cette campagne : d'une part la volonté de la gauche de prendre sa revanche ce qui nécessitera de mobiliser son électorat contre les mesures précitées qui sont, reconnaissons-le, bien à droite, d'autre part l'adoption dès le mois de juin d'un projet de loi de fiances rectificative, c'est-à-dire d'un budget rectificatif pour 2007 qui devrait prévoir lesdites mesures.

Publicité

Publié dans actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article