Assez peu de suspens pour ce soir !

Publié le par LP

Ce soir à 20 heures (19 heures si l'on se connecte sur les medias étrangers) les Français connaîtront le nom de leur nouveau président de la République.

Contrairement à la campagne de 2002, celle de 2007 n'a pas été monopolisée par le thème de la sécurité. Pourtant, comme en 2002, l'actualité nous a fourni son lot de faits de divers et même, une émeute Gare du Nord. Mais cela n'a pas suffit à faire de 2007 un remake de 2002.

De fait, certains thèmes ont eu plus d'échos que ce à quoi on pouvait s'attendre. Il en ainsi de la thématique des impôts.

Ce sujet est assez technique et rebutant et pourtant il a occupé un long moment le devant de la scène. Les candidats ont même été contraints de préciser le détail de leur déclaration ISF. Une polémique, déclenchée par le Canard Enchainé, a eu lieu sur l'évaluation d'un bien immobilier de Ségolène Royal. Une autre polémique sur le "seuil de richesse" a été déclenchée - involontairement - par François Hollande, ce dernier ayant déclaré successivement qu'il n'aimait pas les riches et qu'il voulait augmenter les impôts des foyers fiscaux gagnant plus de 4.000 euros par part. Quant à Nicolas Sarkozy, son programme était assez conséquent en matière fiscale puisqu'on y dénombre une dizaine de propositions ce qui est assez rare pour un projet présidentiel. Sa promesse de suppression des droits de succession lui a permis de réconcilier la droite avec son électorat de base (aisé et âgé).

Bref, les impôts auront été longuement débattus pendant cette campagne ce qui prouve que le sujet intéresse.

C'est assez long à démontrer mais je pense même qu'il s'agit d'un des derniers clivage fondamental entre la droite et la gauche. Le clivage droite-gauche sur cette question est un clivage quasi-idéologique et non pas un clivage de posture (comme sur la question du mariage homosexuel ou de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne).

Exemples : La gauche veut supprimer le bouclier fiscal, la droite veut le renforcer ; la gauche croit que les droits de succession sont un impôt juste qui assure l'égalité des chances, la droite considère que tout impôt sur le patrimoine est injuste car les revenus qui ont permis de le constituer ont déjà été imposés ; la gauche voudrait baisser la TVA car cet impôt frappe de la même manière la consommation du riche et du pauvre, la droite croit exactement l'inverse puisque la TVA est payée par tout le monde proportionnellement à ses dépenses. Nicolas Sarkozy veut même expérimenter la TVA sociale c'est-à-dire augmenter la TVA pour qu'une partie en finance la sécurité sociale alors qu'à gauche, seul DSK a osé en parler ce qui lui a valu pas mal de critiques dans son propre camps.

Bref, les centristes auront beaucoup de mal à concevoir un projet fiscal qui réconcilie un jour la droite et la gauche.

Ce soir, on saura quelle vision fiscale va l'emporter. Pas de suspens, ce ne sera pas une vision centriste...

 

 

 

 

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L
"j'ai bien compris que votre point de vue était plutôt de gauche en matière de TVA".<br /> <br /> Disons Centriste de...gauche :-))<br /> <br /> Merci pour vos réponses ;-)
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L
Cher Lv, j'ai bien compris que votre point de vue était plutôt de gauche en matière de TVA. <br /> Je vous remercie d'alimenter le débat de vos judicieuses remarques. En effet, sur les biens de consommation courante, il est un peu injuste que tout le monde paie la même chose qu'on soit riche ou pauvre.<br /> Concernant la TVA sociale, je vous précise qu'elle serait parfaitement légal au regard du droit communautaire. D'ailleurs, les Etats membres sont parfaitement libres de leur taux de TVA. Cependant, ils sont contraints de se situer dans une certaine fourchette. <br /> En revanche, comme vous le soulignez, les Etats membres ne sont pas libres de transférer une prestation qui relève du taux de droit commun (19,6% en France) vers le taux réduit (5,5%). Pour cela, il faut en effet l'autorisation du conseil des ministres de l'Union européenne statuant à l'unanimité. Ce n'est donc pas seulement Bruxelles qu'il faut convaincre mais aussi les 26 autres capitales.<br /> Cordialement.
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L
"la gauche voudrait baisser la TVA car cet impôt frappe de la même manière la consommation du riche et du pauvre, la droite croit exactement l'inverse puisque la TVA est payée par tout le monde proportionnellement à ses dépenses."<br /> <br /> A la différence près, comme le disait un jour Marcel Dassault "On ne mange pas plus de 3 fois par jour", sauf que le caviar avec la même TVA que le pain à 5,5% chacun... De même, s'il fût une époque ou la voiture était un luxe, elle est depuis devenu un outils indispensable comme l'est un réfrigérateur; pourtant, la TVA à 19,6% est identique pour une petite voiture "prolétarienne" à une Ferrari... Une réflexion de rééquilibre et d'équité ne semble pas non plus avoir été effectuée par les Centristes, pourtant la solution semblerait être médiane c'est à dire au....centre du problème.<br /> D'autre part, faut-il rappeler que dans l'Europe des 27 aucun président ou gouvernement, donc aucun pays, ne peut, seul, décider du taux de la TVA... Pour mémoire, Jacques Chirac n'a jamais pu tenir son engagement de diminution de la TVA dans le secteur de la restauration afin de la réduire de 19,6 à 5,5%...D'abord, refus des Allemands, puis refus de l'Europe... C'est toujours beau et bien brillant, tels les diamants, les promesses mais aussi comme l'adage elles ne sont valables que par ceux qui les font...<br /> Quant à une TVA sociale, celle-ci est-elle ou sera-elle autorisée par Bruxelles...?
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L
Cher Lv,Voir le commentaire numéro 2 pour la réponse.Cordialement.