Johnny revient grâce à Sarkozy
Johnny Halliday en est convaincu : Sarkozy va tenir ses promesses. Il peut donc revenir en France sans crainte : le bouclier fiscal à 50 % sera bien instauré. Johnny pourra donc travailler du 1er janvier au 30 juin pour l'Etat et le reste de l'année pour lui et sa famille.
Grâce à cette promesse de bouclier à 50 %, Sarkozy a obtenu le soutien de nombreux people. Et il ne s'est pas privé de le mettre en avant. Sarkozy a ainsi déclaré à plusieurs reprises qu'il voulait que la France redevienne le pays des créateurs et des artistes.
En clair, cela signifie qu'il veut que les chefs d'entreprises (les fameux "créateurs") et les people (les fameux "artisites") qui ont fui leur pays pour des raisons fiscales reviennent en France. Désormais, il ne sera plus dit que la politique fiscale de la France fait la fortune des gestionnaires de patrimoine belges, suisses ou anglais.
En ce sens, le retour de Johnny est peut-être le premier d'une longue série, même si le retour d'Antoine en métropole n'est pas pour demain.
Par ailleurs, le flux de sortants (environ deux contribuables par jour) va également se stopper. Ceci est également une bonne nouvelle économique quand on sait que ces personnes sont naturellement de gros consommateurs et sont en général employeurs de personnels à domicile.
En revanche, on peut regretter que cette mesure qui ne concerne que très peu de monde ait été présentée pendant la campagne électorale comme un véritable remède contre la pression des prélèvements obligatoires en France. Beaucoup d'artisans et de commerçants ont ainsi voté Sarkozy en croyant légitimement que leurs charges allaient baisser. Hèlas pour eux, tel ne sera pas le cas car les cotisations sociales (hormis la CSG et la CRDS) ne bénéficieront pas du bouclier fiscal.
On peut également regretter que le bouclier fiscal à 50 % aboutisse de facto à la suppression de l'ISF pour les plus gros contribuables alors que les petits contribuables qui ont le malheur de posséder un patrimoine y seront toujours soumis.
Je m'explique : les gros contribuables sont imposés à l'impôt sur le revenu au taux marginal de 40 %. Mais avec la CSG (8,2 % sur les revenus financiers et du patrimoine) et la CRDS (0,5 %), leur taux d'imposition avoisine 48,7 %. Si l'on ajoute à cela leurs taxes foncières et leurs taxes d'habitation, les plus gros contribuables sont déjà imposés à hauteur de 49 %. Avec le bouclier fiscal à 50 %, ces même gros contribuables dont Johnny paieront donc une cotisation d'ISF très faible plafonnée à 1 % de leurs revenus.
En revanche, une petite contribuable retraitée qui perçoit une maigre pension mais possède, exemple choisi au hasard, une maison et des terres sur l'Ile de Ré va payer un plus gros ISF que Johnny. En effet, la CGS sur les retraites est de 6,6 %. Avec la CRDS, si sa pension est imposée dans la première tranche à 5,5 %, son taux d'imposition culminera à environ 12 %. Même en prenant en compte la taxe foncière et la taxe d'habitation, cette petite dame agée risque bien de consacrer entre un quart et un tiers de ses revenus pour l'ISF avant d'atteindre le seuil de protection de 50 %.
Bref Sarkozy a réussi l'exploit de ne supprimer l'ISF que pour les riches. Et, en plus, cela lui a rapporté plein de voix. Quel talent !